Les 5 leçons que j’ai apprises de la méditation

J’avais pas mal d’idées reçues sur la question et il est vrai que méditer n’allait pas m’aider à me défaire de mon image de bobo-wannabe-parisienne. Cependant, cela m’a été « prescrit » plusieurs fois, il fallait donc que je me lance. C’était en 2014.

Il faut savoir que la méditation est particulièrement indiquée pour les personnes qui, comme moi, sont dans le « tout intellect » et celles qui sont de nature angoissée ou même dépressive. Le plus difficile, c’est de maintenir une pratique régulière.

Je vais parler ici de méditation Vipassana et de la méditation de pleine conscience exclusivement car ce sont celles que je pratique presque quotidiennement maintenant.

Avant de commencer, j’avais beaucoup lu sur le sujet, notamment sur le « comment » méditer et les différents types de méditations possibles. Mais aucun de ces (très bons) écrits ne m’avait préparée à ce que j’allais éprouver à mesure de ma pratique.

Ce qu’il y a de certain … c’est que j’avais tout faux sur la méditation.

Alors voici les 5 leçons que j’ai reçues en la matière :

 

Leçon #1 : La méditation n’a strictement rien à voir avec la relaxation

C’est la confusion que tout le monde fait, moi la première. La sérénité, le calme et la respiration… quelle merveilleuse image d’Epinal que ce yogi en position du lotus que rien ne semble perturber ! Je voulais ça pour moi.

person-sunset-dusk-sitting-monk-meditate-1181268-pxhere.comMais j’avais constamment l’impression d’être « nulle » en méditation parce que j’étais toujours agitée, toujours angoissée… et jamais satisfaite.

De plus, mes pensées étaient encore plus erratiques, je continuai de partir dans tous les sens. Et puis, très vite, en discutant avec les autres participants (oui j’ai commencé la méditation en groupe… et mes parents ont cru que j’avais rejoint une secte, je vous raconterai), j’ai compris que je m’étais plantée d’objectif.

 

Pour la Relaxation, il faudra repasser, ou alors consulter un sophrologue, ils sont là pour ça.

La Méditation, c’est la méditation.
Le calme extérieur n’est pas relaxation. Ça aide, bien sûr, mais ce n’est pas le but principal de l’exercice.
Et le calme n’est pas la détente.

On pourrait croire que je fais de la sémantique mais je vous assure que non, pas du tout. Je dirai que pour moi, la méditation c’est le ralentissement des actions, et la distanciation entre soi et ses pensées.

 

Leçon #2 : Je ne me résume pas à mes pensées.

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Sachez, Mesdames et Messieurs, que la première des pensées qui assaillit n’importe quel débutant en méditation c’est « Qu’est-ce que je fous là ? » ou autres dérivés du genre :

« J’ai des choses plus urgentes importantes obligatoires à faire maintenant ! Tout de suite ! »

C’est entièrement normal. Et il est même nécessaire de passer par là.

Car face à cette pensée franchement désobligeante pour soi, je continue la pratique. Concrètement je reste assise, je ne bronche pas et j’assiste à cette pensée au lieu de la suivre, malgré les choses que j’ai à faire.

C’est vrai, méditer n’est ni urgent ni obligatoire, c’est seulement important. (c’est pas moi qui le dit, c’est Christophe André)

René Descartes a archi tort  quand il affirme   « je pense donc je suis » C’est bien trop réducteur.

La méditation nous enseigne que nous sommes les parents de nos pensées. Nous existons donc AVANT elles. Nous pouvons donc les OBSERVER et LES ÉDUQUER. Les pensées sont des productions de notre être, et pas notre être en entier.

Les pensées, engendrées par nous, comme de petits enfants capricieux, sollicitent notre attention en permanence en tapant du pied, en gesticulant  et hurlant jusqu’à ce qu’on leur cède : « écoute moi ! » « suis moi ! » .

Ce qu’on apprend en méditant est donc une leçon d’éducation : comme des parents responsables, nous leur répondons « je t’ai entendue, mais là je suis en train de faire autre chose, il va falloir patienter, petite pensée, je reviens plus tard » et c’est cet exercice de « décollement » entre soi et ses pensées qui permet d’envisager, ne serait ce que quelques secondes, que nous ne nous résumons pas à notre unique intellect. Nous sommes un corps, une âme, une histoire, un vécu. Ce que l’on pense n’est que la partie immergée de l’iceberg. D’où la leçon Numéro 3 :

 

Leçon #3 : La méditation est un exercice bien plus physique que mental

Ça paraît antinomique de prime abord, cependant puisqu’il faut :

  • se connecter au souffle,
  • prendre conscience de son corps dans son ensemble,
  • s’astreindre à l’immobilité totale en position assise,
  • fermer les yeux ,
  • Et se concentrer sur sa respiration…

Toute la pratique de méditation est tournée vers les sensations physiques, 

Personnellement, pendant mes premières sessions, j’avais mal au dos, au coccyx et je resentais systématiquement des fourmis à la jambe la plus éloignée de mon périnée.

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Respire, meuf ! Caaaaaaalme ! Voilàààà… Concentre-toi, bordel !

J’ai également physiquement ressenti les émanations physiques de certaines de mes émotions : la joie, l’angoisse, l’amour et même une fois le désespoir. Et c’est ultra puissant (et un peu flippant, j’avoue)

Attention, ce phénomène ne m’est arrivé qu’une fois ou deux et parce que mes séances de méditation de l’époque étaient longues et répétées (j’étais en retraite… j’en parlerai aussi plus tard). J’ai donc pu constater par où ça passe et ressentir quels sont les muscles et les organes impactés par telle ou telle émotion.

Par exemple, chez moi l’angoisse me comprime le plexus et remonte dans ma gorge, dans mes poumons tout en comprimant mon estomac. J’ai eu la sensation qu’une sorte d’onde ou de fleur empoisonnée s’étendait à partir de mon plexus. Le tout avec un goût de fer et de sang dans la bouche.
Horrible.
D’ailleurs, ce jour là, je n’ai pas pu résister. J’ai bougé pour me sortir de là. Ce qui m’amène à la leçon #4 : l’immobilité et la résilience.

Leçon #4 : Faire la statue, c’est guérir un peu

Un autre truc que je n’avais pas vu venir en méditant … ma capacité à guérir toute seule en restant immobile !

Littéralement, la résilience, c’est la capacité d’un corps, d’un organisme, d’une espèce, d’un système à surmonter une altération de son environnement physique ou psychique.

image1-1Alors, en premier lieu : ne pas bouger, c’est super difficile ! Les premiers temps, je me tortillais dans tous les sens. Je ne tiens pas en place dans la vie (mes proches pourront vous le confirmer) ou alors j’alterne les phases de gesticulations intenses et d’apathie coupable. Une parisienne, quoi.

J’ai éprouvé les plus grandes difficultés à rester immobile 20 minutes (et je me suis souvent faite engueulée par mon prof de yoga).  Et puis, j’ai compris que nous autres, les urbains, ne savons pas endurer l’inconfort. C’est plus fort que nous, on cherche l’amélioration en tout. Méditer, c’est arrêter de chercher le mieux. Les personnes religieuses qui jeûnent, prient ou qui se coupent volontairement des appareils connectés de temps en temps connaissent déjà cette sensation : l’arrêt, le changement de rapport au temps et au confort. La méditation, c’est pareil.

A mesure que l’on pratique, on peut constater (entre soi et soi) les améliorations qu’on apporte à notre immobilité, à notre concentration, à notre respiration et puis… quand on reprend son activité « normale » on s’aperçoit, au bout d’un certain temps, des conséquences positives pour nous. Personnellement, j’ai arrêté d’avoir des brûlures d’estomac, je dors comme un bébé et je suis plus précise dans ce que je produis. En tout cas, ma production de travail est moins corrélée au stress ambiant ou aux impératifs de boulot.

Je fais, c’est tout.

Leçon #5 : Le « sankalpa », c’est magique

On entre ici dans un domaine assez précis, le yoga Nidra : c’est le yoga du sommeil. Oui oui, ça existe et c’est magique pour les insomniaques.
C’est une pratique de méditation à la fin des postures et des exercices de respiration (pranayan), au cours de laquelle on se répète mentalement notre sankalpa.

En sanscrit, sankalpa signifie « détermination ». c’est un voeu pour soi qu’on se répète au début et à la fin de la pratique. Et vous savez quoi ? ça marche.

C’est le même fonctionnement que l’hypnose thérapeutique : suggérer à son subconscient d’aller vers son désir. Disons que la pratique du yoga Nidra est très proche de la mise en état d’hypnose(à mes yeux en tout cas).
La démarche qui consiste à entrer dans son « espace de sûreté » en hypnose médicale est très ressemblante à l’état dans lequel on se place quand on fait son yoga nidra. C’est à dire surtout l’abandon des conditions matérielles dans lesquelles on se trouve (lieu, bruits, sensations corporelles, pensées pratiques etc.) et une attention accrue à chacune des parties de son corps. Alors oui, on est proches du sempiternel « vos paupières sont louuuuuuuuuurde! » MAIS on se gère tout(e) seul(e) et ça c’est très cool.

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Je vais laisser mon prof de yoga vous expliquer les bienfaits du sankalpa par là.

Et, comme en hypnose, ça ne marche pas à tous les coups. C’est le fait de pratiquer régulièrement qui rend les choses plus fluides (mais pas plus faciles, hein !?)

 

 

Après tout ça, si vous n’êtes pas convaincus, il y a toujours cette solution (mais c’est moins bio) :

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A. Solachine