De l’intention à l’attention

Salut copain,

J’avais promis d’être gentille après mon dernier article, donc me revoilà pleine de bonne volonté. NAMASTE dans ta face.

Je marche seule

La première chose que tu dois savoir, c’est que j’essaie le plus souvent possible de me déplacer DANS et pas SOUS Paris. Le métro c’est bien pratique, mais les balades m’ont toujours servi :

  • Utiles pour ma créativité (j’ai des idées à foison),
  • Utiles pour les muscles du popotin (quand je ne vais pas à la salle de sport).

La plupart du temps, je marche avec de la musique à fond dans les oreilles. Je me balade donc dans la ville en même temps que dans mes pensées.

Dans ces moments là, je suis tout sauf présente à ce que je fais.

Au choix, je suis, soit dans un clip dont je suis l’héroïne glamour (on peut rêver), soit en train de réfléchir à ce que j’ai fait juste avant ou ce que je ferai juste après. Le moment présent, m’en tape. Tu vois ?

Et puis, au détour d’une rue ou d’un café, viennent à moi de petites piqûres de rappel au présent. Ici , une odeur de poulet rôti devant la boucherie du quartier, là un spectacle de  danseurs de hip hop sur le parvis de l’hôtel de Ville… au loin, deux automobilistes qui s’engueulent pour rien.
Je ralentis alors l’allure, baisse spontanément le volume sonore de mes écouteurs et j’observe. Mon attention est captée. Elle prend toute la place de mon esprit. Et c’est toujours dans ces moments là que mes marches deviennent intéressantes.

Encore un matin…

Il m’est arrivé petit moment de grâce, poétique et drôle, dernièrement.

Nous sommes un vendredi matin dans le centre de Paris.
Il fait beau, le weekend approche, les cours d’écoles sont silencieuses pour cause de vacances scolaires.
L’agitation urbaine est plutôt modérée et invite à la dépense-petit-plaisir.
Grosse envie de croissant et café à emporter.
Je me contrôle, faudrait pas flinguer mes belles résolutions alimentaires.
En plus, je dois rejoindre mes parents dans la rue Montorgueil pour déjeuner.
Ultra animée, cette rue piétonne naît de l’église Saint Eustache du quartier des Halles (dans le 1er arrondissement) et meurt dans le Sentier (2ème arrondissement).

…à Montorgueil

La voie elle-même a donné son nom au quartier qu’elle traverse et, si tu t’es déjà trouvé(e) dedans, tu sais pourquoi.
J’arrive par le Marais en traversant tour à tour la rue Beaubourg et le boulevard Sebastopol pour m’engouffrer dans la rue Tiquetonne, en direction du dédale de petites rues pavées menant à ma destination finale (Greneta, Marie Stuart, Saint Sauveur…)
Nous approchons du petit miracle de mon histoire.

Ce matin là je décide d’emprunter la place Goldoni, qui se trouve entre la rue Dussoubs et la rue Greneta. Elle est très bizarre, cette place, dans la mesure où ce n’en est pas une.

C’est en fait une portion de rue fermée à la circulation par des chaînes. Sur un côté, il y a l’entrée du passage du cerf, petite merveille des passages sous verrière du 19eme siècle, et une école primaire.

De l’autre un mur aveugle qui invite aux tags les plus dégueux mais qui est bordé par une minuscule bande de terre végétalisée. On y a planté au milieu des arbres et des lampadaires sans prendre la peine d’effacer le passage piéton destiné aux abords de l’école. La mairie du 2eme arrondissement a ensuite fait enlever quelques poteaux et placé de gros bacs à fleurs urbains, si bien que le sol de cette place ex nihilo est percé de petites cavités un peu partout.

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Place Goldoni, vue de l’école primaire

Ça a du bon de regarder ses pieds quand on marche dans Paris, la peur de la crotte pas ramassée ne peut être délaissée. Le fond de l’air était doux et une odeur d’herbe mouillée enveloppait la placette juste après les pluies de la nuit.

En longeant l’école, devant un des bacs à fleur, mon regard fut attiré par une agitation toute joyeuse à mes chevilles. Et J’ai vu ça :

Ce Petit moineau avait trouvé le moyen de se faire un p’tit SPA.

L’opportunisme de l’oiseau, ses petits cris joyeux et sa mignonnerie ont raisonné en moi assez fort. Il m’a rappelé de rester attentive aux opportunités qui se présentent. Finalement, l’attention que je peux porter aux choses et aux gens m’aide à formuler mes intentions dans la vie. Ce matin là, j’ai eu envie de PRO-FI-TER.

Quand je veux être contente, je n’attends pas qu’on me donne satisfaction, je vais la chercher, épicétou.

Je te donne ça en cadeau, copain : bonne journée à toi.

Tchuss